Témoignages

Témoignage de S:

Bonjour,
Je suis malentendante et orthophoniste.
J’ai une surdité moyenne dépistée vers 3 ans par mes parents qui me croyaient « dans la lune » ou « distraite ».
Je pense que mes parents ont vécu ensuite dans le déni des conséquences psychologiques et affectives de la surdité.
Une fois appareillée, l’objectif a été de me faire comprendre qu’il fallait « cacher » ces appareils et ce problème aux autres.
Les enseignants ont été informés et annonçait cela de brut en blanc devant toute la classe qui me regardait.
A ce moment-là j’avais la sensation d’être « une bête de foire ».
Les enseignants ont toujours eu un étonnant comportement : ils me disaient que je n’avais rien, ou indiquait qu’il fallait me placer dans un institut. Ces mots étaient toujours dits devant moi, comme si je n’existais pas . Ils devaient vraiment penser que j »entendais rien » !
Je garde par conséquent un souvenir excécrable de l’école, du collège, du lycée, de l’école d’orthophonie où lorsque j’ai demandé des cours à photocopier aux étudiantes qui allaient faire ce métier « d’aide », j’essuyais des refus (je leur avais expliqué la raison de ma requête).
J’ai tout appris dans les livres. Par c?ur.
Le concours d’orthophonie a été très facile.
Il y a tellement eu un déni des souffrances dues à cette surdité que j’ai fait ma route entièrement seule.
Maintenant, j’arrive à surmonter ces problèmes mais ils restent comme une profonde blessure.
Je n’ai jamais eu d’aide. Petite, je hurlais dans ma chambre et cassais les portes tellement j’étais mal. On me faisait faire du bateau en colonie (bien, je n’entendais rien sur les bateau donc je prenais sans cesse la baume quand il s’agissait de virer), de la danse classique avec des sauts constants (bien , avec de gros appareils auditifs qui sautent sur les oreilles, c’est d’un agrément incroyable). Mais tout cela était « pour mon bien ». Et j’en ai vraiment bavé.
La leçon est qu’il ne faut jamais compter sur personne et que personne ne vous aide. Mes parents étaient dans le déni et moi, je souffrais.
Maintenant, je ne dis jamais rien. Je pars lorsque l’on me cause des ennuis.
J’ai appris à ne dépendre de personne et à surtout ne rien attendre de personne.
Je souhaite bon courage aux jeunes malentendants ou sourds et surtout je conseille aux parents d’éviter de nier la surdité et ses effets dévastateurs.
Je travaille en libéral, avec des patients implantés, des jeunes qui veulent perfectionner leur langage ou leur parole.
Heureusement que l’on est plus fort que ces handicaps !
Car vraiment, la surdité est un handicap dont on ne parle pas assez.
Je vois souvent des sourds en souffrance et je leur conseille de se faire aider sur le plan psychologique, comme j’ai pu le faire.
Mais, si des enseignants lisent ce message, et qu’ils ont un enfant malentendant ou sourd dans leur classe, surtout qu’ils ne le mettent pas en difficulté.

Une réflexion sur “ Témoignages ”

  • 19 janvier 2016 à 11 h 59 min
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    bonjour
    Je suius maman d une jeune fille de 22 ans qui est sourde profonde bilatérale implantée de la deuxiéme oreille depuis trois ans car c était conseillée car elle est atteint d un syndrum d usher de type 1 . Elle a suivi une scolarité en integration jusqu à ses 18 ans ou elle a obtenue son brevet et son CAP;ensuite elle est rentrée au CRESDA pour deux ans pour savoir ce qu elle voulait aller pour rentrer dans le monde du travail puis elle a decidé de commencer en ESAT ce qui n a pas été facile car tous les dossiers qu elle a déposé et aux entretiens on lui a fait comprendre que sa place était pas en milieu protéger ,alors qu aujourd hui un etablissement lui a donner une place depuis un an . Le directeur est conscient qu elle n a pas sa place pour toute sa carrière mais ils vont l accompagner à prendre confiance en elle pour que dans le futur elle travaille en milieu ordinaire.
    Ce que je trouve pas correct c est qu elle travaille 35heure par semaine alors quand esat il gagne pas le smic ,elle doit payer handipole pour se rendre à son travail avec les dépenses de la vie quotidienne on lui accorde que 385 euros d AAH .lorsque je suis allée à la CAF pour une explication, on ma fait comprendre que si elle serait restée à la maison elle aurait toucher la totalité de l allocation .A ce jour le gouvernement à mis en place une nouvelle aide pour les personne qui on des faibles revenus ,j ai fait la simulation sur le site de la ca f avec son salaire elle n y à pas le droit,je me demande comment elle ferait si je n était pas là pour la loger et la nourrir!!!!Il faut vraiment se battre tout le temps avec les administrations pour eux en tant que maman ce qui est parfois pesant car parfois on se demande s ils sont bien integrés dans la société surtout à l époque ou l on vie

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